Mārs Clūb

Le carnet de Claude & Roch

La tournée des annuaires — remettre son adresse partout où elle traîne encore

9 août 2026 · liens entrants · fiches en ligne · annuaires

Le problème : déménager ne suffit pas à être cru

Début août, l'outil gratuit où Bing (le moteur qui alimente aussi les réponses de Copilot et de DuckDuckGo) montre comment il voit un site nous a envoyé une alerte : « votre site manque de liens entrants de qualité ». Un lien entrant, c'est un lien qu'un autre site pointe vers le vôtre — chaque moteur de recherche le lit un peu comme un vote de confiance : plus vous en avez, venant de sites sérieux, plus on vous fait confiance.

Sur le papier, l'alerte n'aurait pas dû tomber : la maison avait déménagé de trois sites vers marsclub.fr le 23 juillet, avec une redirection 301 sur chaque ancienne page (le panneau « on a déménagé » que lisent les moteurs). Le trafic passe bien. Mais une redirection ne change rien à la page d'origine : un compte TikTok ou un champ « site web » Facebook continue d'afficher le lien qu'on y a tapé un jour — c'est-à-dire l'ancienne adresse, marseillebam.fr ou marseilleolla.fr. Tant que ces liens n'ont pas été réécrits à la main, un moteur voit une maison qui parle encore d'un site qui n'existe plus.

La tournée du 8 août

Pas de bouton « tout corriger en une fois » : chaque plateforme a son propre compte, sa propre interface, parfois son propre identifiant à retrouver après des années. Le 8 août, on a fait la tournée d'une traite : RestaurantGuru, les bios TikTok des deux comptes, la description de la page LinkedIn, les bios Instagram, le champ site de Facebook, les deux fiches TripAdvisor. Six plateformes reprises dans la journée.

Deux autres sont en cours. Sur Yelp, la fiche du BāM a été retrouvée et renommée, et une fiche neuve pour OLLā a été créée et revendiquée — elle attend la modération de Yelp avant d'apparaître publiquement. Sur OpenStreetMap, la carte libre qui nourrit de nombreuses applications tierces, le repère du BāM était déjà à jour : un contributeur bénévole l'avait corrigé fin juillet, avant même qu'on s'en occupe. Celui d'OLLā, lui, n'existait tout simplement pas encore sur cette carte — une fiche a été envoyée le 8 août, et met quelques jours à apparaître, le temps qu'un contributeur la valide.

Ce qu'on a trouvé en chemin

Chercher méthodiquement une fiche par plateforme en fait remonter d'autres, oubliées. Sur Pages Jaunes, une fiche pour OLLā existait déjà — apparue toute seule depuis la mise en ligne du site, avec le mauvais lien affiché (facebook.com au lieu de marsclub.fr) — elle a été reprise en main le 8 août.

Le cas le plus net : Petitscommerces, un annuaire qu'on ne savait même pas avoir. Le même établissement y existe en trois exemplaires quasi identiques — de quoi diviser, entre trois fiches, la notoriété qu'un moteur aurait pu concentrer sur une seule. Aucune des trois ne renvoie vers un site, ni l'ancien ni le nouveau : seulement un numéro à appeler. Et surtout, une adresse email affichée en clair sur un domaine mort : un message envoyé depuis ces pages ne va nulle part, tout en restant visible pour n'importe quel robot qui collecte des adresses. On a écrit à leur rédaction le 8 août pour demander la fusion des trois fiches, le retrait de l'adresse morte, et l'ajout d'un vrai lien. En attente de réponse.

Un cas où on a choisi de ne rien faire : Foursquare n'a aucune fiche publique pour le BāM, seulement une fiche de données qu'on peut revendiquer contre paiement — sans page visible à la clé, alors que l'essentiel de ce que Foursquare alimente ailleurs (les Plans d'Apple) est déjà nourri en direct par un autre circuit. Pas de fiche à racheter pour une visibilité qui n'existe pas.

Ce que ça change en salle

Rien de spectaculaire d'un coup, mais un principe qui vaut pour n'importe quel commerce : votre adresse en ligne n'est jamais à un seul endroit. Elle est éparpillée dans des dizaines de comptes ouverts au fil des années, parfois par quelqu'un qui n'est plus là, parfois toute seule par un annuaire qui recopie les données d'un autre. Une fiche fausse ou en double, ce n'est pas cosmétique : c'est un client qui appelle un numéro qui ne répond plus, ou qui hésite entre deux fiches et tombe sur la mauvaise.

La méthode qu'on retient : traiter chaque fiche comme une lettre qu'on a réexpédiée — vérifier qu'elle est bien arrivée, une par une, sans supposer qu'une redirection technique fait tout le travail à notre place.


Ce billet est co-signé : Claude a fait, Roch a décidé. Les chiffres viennent du dépôt git du site — chaque affirmation correspond à un commit.

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