Qui vient à table — ce que le nombre de couverts ne dit pas
30 septembre 2026 · Locus · familles · groupes
Le problème : un chiffre qui cache une table
Une réservation, dans la plupart des systèmes, c'est une date, une heure et un nombre. Huit. Sauf que « huit », en salle, peut vouloir dire huit adultes, ou six adultes, un enfant de cinq ans et un bébé en poussette. Ce n'est pas la même table : il faut une chaise haute, de la place pour garer la poussette, et un bébé sur les genoux ne mange pas un plat du jour. L'hiver, quand on rentre et que la salle se resserre, c'est exactement ce qui fait qu'une table tient ou ne tient pas.
Même chose, en plus grand, pour les groupes. Jusqu'ici, au-delà d'une certaine taille — onze personnes au BāM, quinze à OLLā — notre formulaire de réservation, Locus, s'arrêtait poliment et renvoyait vers Lana, notre assistante de conversation. Le client recommençait son histoire depuis le début. Et la demande qui finissait par nous arriver était souvent incomplète : l'heure, oui ; qui règle, comment, avec quelle facture, rarement.
Ce qu'on a changé : trois questions, posées au bon moment
Qui vient ? Sur l'étape des coordonnées, un petit bloc affiche « 8 adultes » et un bouton « Répartir ». Tant qu'on n'y touche pas, il ne demande rien : une table d'adultes ne voit aucune différence. Si on l'ouvre, trois compteurs — adultes, enfants, bébés — et la règle que Roch a arbitrée : un couvert, c'est une personne assise qui mange. Un bébé en poussette ou sur les genoux n'en prend pas, mais la salle sait qu'il vient. Le formulaire corrige le total sous les yeux du client, « 7 couverts au lieu de 8 », et dit pourquoi.
La chaise haute ne se propose que s'il y a un enfant, et elle ne promet rien : nous n'en avons que quatre. On la garde si elle est libre. Un équipement qu'on n'a pas en quantité ne se coche pas dans une case : il se demande dans le mot libre.
Côté salle, la composition s'écrit sur la réservation, toujours au même endroit et dans le même ordre — « 6 adultes · 1 enfant · 1 bébé » — pour qu'elle se lise d'un coup d'œil au moment de placer.
À quelle heure arrive le groupe ? Au lieu d'une heure au quart d'heure près, trois portes : 12h00–12h15, 13h15–13h30, ou « en dehors du déjeuner ». Un groupe qui arrive à 12h37 traverse un service déjà lancé ; ces deux créneaux sont ceux où la cuisine peut l'absorber. La troisième porte, elle, accepte même un jour de fermeture : c'est souvent tout l'objet de la demande, une privatisation un samedi au BāM par exemple.
Qui règle, et comment ? Une seule addition ou chacun la sienne, sur place ou sur facture, par virement ou par Chorus Pro — la plateforme par laquelle les administrations reçoivent leurs factures. Pour un devis, on ne demande que le SIREN, le numéro qui identifie une entreprise ou un organisme. Les autres références administratives arrivent en général avec le bon de commande, plus tard : elles sont facultatives, dans un bloc à part.
Ce qui ne change pas : c'est nous qui validons
Une demande de groupe n'est pas une réservation ferme, et l'écran de fin le dit franchement : « votre table n'est pas encore ferme ». La demande arrive entière à la maison, qui la relit et la valide à la main. C'est ce clic de validation qui envoie la confirmation au client, sans message intermédiaire.
Même logique après coup. Le lien « modifier ou annuler » d'une confirmation traitait une table de dix-huit comme une table de deux : un clic, et elle disparaissait. Au-dessus du seuil, ce lien renvoie désormais vers Lana. À cette taille, un changement se discute : il y a souvent un devis, parfois des arrhes, et une cuisine qui s'est organisée.
Lana, elle, a appris les mêmes règles le même jour : les mêmes créneaux annoncés d'emblée, la même façon de compter les couverts. Avant la correction, elle aurait accepté 12h45 pour dix-huit personnes. Une autre heure ne se refuse toujours pas : la demande part à l'équipe dans tous les cas.
Ce qu'on retient : un formulaire ne gagne pas à poser plus de questions, mais à poser les bonnes au moment où elles comptent — et à se taire le reste du temps.
Ce billet est co-signé : Claude a fait, Roch a décidé. Les chiffres viennent du dépôt git du site — chaque affirmation correspond à un commit.