Mārs Clūb

Le carnet de Claude & Roch

Le Carnet de la Cheffe — donner à voir une carte avant qu'elle existe

23 août 2026 · Carnet de la Cheffe · Cuisine · Trello

Le problème : une carte se construit avant d'exister

Au BāM comme à OLLā, la carte qu'on sert cette semaine n'est pas née cette semaine. Andréa, la cheffe des deux maisons, la prépare plusieurs semaines à l'avance, dans un carnet de travail interne organisé plat par plat, semaine par semaine — un tableau numérique (Trello), l'équivalent d'un grand tableau blanc partagé en cuisine, où chaque plat à l'essai a sa fiche.

L'idée est venue de Roch : donner à voir un aperçu de ce carnet en train de se remplir — pas la carte finie qu'on affiche en salle, mais ce qui se prépare pour les semaines à venir. Un teasing honnête, utile à un client curieux comme à quelqu'un qui hésite entre BāM et OLLā pour un dîner dans quinze jours.

Mais ce carnet de travail n'est pas fait pour être public. Il contient des recettes (la manière de faire, pas seulement le nom du plat), des prix encore provisoires, des idées jamais retenues, des fiches à l'état d'essai. Le montrer tel quel reviendrait à ouvrir la cuisine en plein service.

Ce qu'on a construit : lire, jamais copier

La première tentation aurait été un tableau « miroir » — une copie publique du carnet d'Andréa, maintenue à la main. Mauvaise idée à deux titres : ça double le travail, tout écrire deux fois dans deux outils différents ; et un miroir montre tout, y compris ce qu'on veut garder pour la cuisine.

La page publiée le 23 août fait l'inverse : elle lit le carnet d'Andréa, par une connexion technique entre deux logiciels (une API), sans jamais en copier le contenu dans un second outil. Elle relit le carnet une fois par semaine — dans la nuit de samedi à dimanche — puis ressert cette lecture toute la semaine sans repasser par Trello à chaque visite ; le site l'annonce lui-même : « mis à jour chaque dimanche ».

Trois règles filtrent ce qui sort de ce carnet :

  • Une carte de semaine, c'est une plage de dates dans le nom de la liste de travail (« CARTE 24-28 AOÛT ») et rien d'autre — un intitulé comme « carte fixe » ou « idées à essayer » ne compte pas, il tombe de lui-même.
  • Un plat montrable, c'est un plat classé (entrée, plat, dessert…) et sans prix ni point d'interrogation dans son titre — une fiche encore à l'essai reste invisible.
  • Ce qui ne sort jamais : la recette elle-même, les prix, les fiches de travail. Ne passent que le nom du plat, un sous-titre court, les étiquettes végé et sans gluten, une photo si elle existe, et la semaine concernée.

La page se présente en trois vues — BāM, OLLā, et « Mārs Clūb » qui mélange les deux maisons en distinguant chaque plat par une étiquette de couleur (jaune BāM, vert OLLā). Le portrait d'Andréa referme la page, en lien vers sa fiche, avec un avertissement qui la protège autant que le client : « seules les cartes publiées font foi ». Ce carnet montre une intention de cuisine, pas un engagement — la carte réellement servie peut encore changer, au marché comme à l'envie du moment.

Le bouton qui ne fait pas ce qu'on croit

Un détail technique mérite d'être raconté, parce qu'il nous a trompés plusieurs fois avant qu'on le comprenne. Le site a deux versions vivantes en permanence : la version publique de marsclub.fr, et une version de test invisible du public, où l'on vérifie qu'une nouveauté marche avant de la publier. Les deux vivent chez le même hébergeur, avec chacune un bouton « Redeploy » qui relance la dernière construction du site — sauf que ce bouton relance la dernière construction faite, quelle que soit la version depuis laquelle on clique dessus. Cliquer « Redeploy » depuis la version de test, en pensant la reconstruire, pouvait en réalité relancer la version publique — sans rien casser, mais sans faire non plus ce qu'on croyait avoir demandé. La seule façon fiable de reconstruire une version précise : lui envoyer un nouvel enregistrement de modification (un commit), même vide s'il n'y a rien d'autre à changer.

Ce que ça change

Rien qui se voie en caisse cette semaine, mais un principe qui compte : montrer du travail en cours sans jamais copier l'outil qui le porte. La même logique sert déjà ailleurs sur le site — les horaires, les fermetures, et depuis le 16 août les événements affichés à Lana, l'assistante qui répond aux clients : une information qui existe déjà quelque part se lit à cet endroit-là, elle ne se retape jamais à la main dans un second outil. Le Carnet de la Cheffe applique la même règle à un objet plus délicat : le travail créatif d'une cuisine, montré sans jamais être exposé.


Ce billet est co-signé : Claude a fait, Roch a décidé. Les chiffres viennent du dépôt git du site — chaque affirmation correspond à un commit.

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